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Mécanique · Ferrari

Moteur Ferrari : du V12 mythique aux blocs turbo hybrides

Un moteur Ferrari, ce n'est pas un bloc, c'est une lignée : V12 atmosphérique, V8 biturbo, V6 hybride, prix et coûts d'entretien réels.

Par La rédaction

Moteur Ferrari V12 atmosphérique exposé hors de son châssis, dans un atelier de Maranello
De la famille F140 au V6 hybride de la 296 GTB, Ferrari conçoit et assemble ses moteurs à Maranello.

L'essentiel

  • Le V12 (812, Purosangue, série Icona) reste le sommet de gamme, hérité du bloc Colombo de 1947.
  • Le V8 biturbo et le V6 hybride équipent la majorité de la production actuelle (296, F8, Roma, SF90, Portofino).
  • Un bloc se négocie entre 35 000 € et 65 000 € sur le marché de l'occasion, et une révision distribution coûte de 1 500 € à 5 000 € selon que le moteur doit être déposé ou non.

Un moteur Ferrari, ce n'est pas un bloc, c'est une lignée. Poser la question du "moteur Ferrari" au singulier, c'est déjà tomber dans le piège que la marque entretient elle-même depuis 75 ans : celui du V12 comme unique visage acceptable de Maranello. La réalité de la gamme actuelle raconte autre chose.

Le V12, moteur fondateur et mythique de Ferrari

Le V12 est le premier moteur jamais construit par Ferrari, et c'est resté le moteur autour duquel toute l'identité de la marque s'est construite.

En 1947, Enzo Ferrari confie à l'ingénieur Gioacchino Colombo, ancien motoriste chez Alfa Romeo, le dessin d'un petit V12 de 1,5 litre pour la toute première voiture de la marque, la 125 S. Ce bloc à 60 degrés, doux, capable de monter haut en régime, va tout de suite gagner des courses contre des voitures pourtant plus puissantes sur le papier.

42 ans

La durée de production du premier V12 Colombo, jusqu'en 1989, en grandissant de 1,5 L à 4,9 L.

En 1949, une Ferrari 166 MM à V12 de 2,0 litres remporte Le Mans avec la plus petite cylindrée jamais victorieuse. En 1951, la victoire au GP de Grande-Bretagne offre à Ferrari son premier titre mondial, déjà signé V12.

La 250 GTO de 1962, aujourd'hui la Ferrari la plus chère au monde, monte un V12 Colombo de 3,0 litres.

Du V12 Colombo de 1,5 L (1947) au F140 des Enzo et 812

Le V12 Colombo a un successeur direct, le V12 Lampredi, puis une descendance plus lointaine, le flat-12 à plat qui équipe Berlinetta Boxer et Testarossa de 1973 à 1996.

C'est justement cette branche flat-12 qui pousse la puissance de 352 ch (version F102A de 1973) à 440 ch (F113G, 1994), avec au passage le saut de 2 à 4 soupapes par cylindre sur la Testarossa de 1984.

La famille actuelle, baptisée F140, débute en 2002 avec l'Enzo et devient alors le moteur atmosphérique le plus puissant au monde. Elle équipe aujourd'hui 812 Superfast, 812 GTS, 812 Competizione et la Purosangue, où le V12 de 6,5 litres délivre 725 ch.

Qui conçoit et fabrique les moteurs Ferrari ?

Ferrari conçoit et assemble ses moteurs à Maranello, dans une usine dédiée distincte des lignes de montage châssis. Ce n'est pas un détail marketing : contrairement à la majorité des constructeurs premium, Ferrari n'achète pas ses blocs à un motoriste tiers.

La seule exception documentée concerne le V8, historiquement partagé avec Maserati sur certaines générations, la F430 et la California s'appuyant sur un bas-moteur apparenté à celui de la 360 Modena, porté à 4,2 litres pour Maserati.

La gamme actuelle : V12, V8 biturbo, V6 hybride

La gamme Ferrari actuelle tourne majoritairement sur deux familles turbocompressées, pas sur le V12. Le V8 biturbo 3,9 L équipe F8 Tributo (720 ch), Roma (620 ch), Portofino et GTC4Lusso T (610 ch).

Le V6 hybride 3,0 L de la 296 GTB associe combustion et moteur électrique pour un total de 830 ch, tout en gardant un rendement thermique record pour la marque. Seul le sommet de gamme reste fidèle au V12 atmosphérique.

ModèleBlocCylindréePuissance
PurosangueV12 atmosphérique6,5 L725 ch
812 CompetizioneV12 atmosphérique6,5 L830 ch
F8 TributoV8 biturbo3,9 L720 ch
RomaV8 biturbo3,9 L620 ch
296 GTBV6 hybride3,0 L830 ch (combiné)

Moteur avant ou moteur arrière : ça dépend du modèle

La position du moteur chez Ferrari n'est pas un choix unique. La Purosangue, seul SUV de la marque à quatre roues motrices, loge son V12 à l'avant pour des raisons d'équilibrage et d'habitabilité.

Toutes les sportives à moteur central, de la 296 à la SF90, gardent le bloc en position centrale arrière, héritage direct de la philosophie course.

Ce que la F1 a transmis aux moteurs de route

La Formule 1 irrigue directement les moteurs de série chez Ferrari, dans un sens rarement aussi assumé ailleurs. Le premier V12 Colombo est dérivé des blocs de course de la 125 F1 et de la 166 F2.

Plus près de nous, le moteur hybride de la 296 GTB doit une partie de sa gestion thermique et de son architecture 120 degrés à l'expérience acquise sur les groupes propulseurs hybrides de F1 depuis 2014.

Fiabilité, entretien, marché de l'occasion : ce qu'il faut savoir avant d'aller plus loin

La fiabilité d'un moteur Ferrari se joue moins sur le bloc lui-même que sur l'entretien de la distribution. Sur les modèles à courroie (308, 328, Mondial, F355, 348), une révision complète avec dépose moteur, incluant joints, jeu aux soupapes et filtres, coûte entre 3 250 € et 5 000 € selon le prestataire.

Sur les modèles où la distribution s'atteint sans déposer le bloc (355, 348, Mondial 8 et 3,2), la facture retombe à 1 500-3 500 €.

Le poste qui fait la facture

La différence tient à une seule question : faut-il ou non sortir le moteur pour changer les courroies.

Côté électronique, les moteurs récents ont leurs propres alertes. Sur une 296 GTS livrée depuis un mois, un message moteur jaune a récemment été tracé à une simple valve d'échappement bloquée, avec un délai de commande pièce d'au moins deux semaines chez le concessionnaire.

Rien de dramatique en soi, mais un rappel utile : sur un bloc hybride récent, le diagnostic passe systématiquement par le concessionnaire, pas par un lecteur OBD générique.

Sur le marché de l'occasion, les blocs complets s'échangent à des tarifs qui donnent une idée de la hiérarchie de gamme : autour de 35 000 € pour un V8 biturbo de California T, jusqu'à 63 000 € pour un V12 6,5 L de 812 Competizione.

Questions fréquentes

Qui fabrique les moteurs Ferrari ?

Ferrari conçoit et assemble ses moteurs en interne, à Maranello, dans une usine dédiée. La seule exception connue est le V8 partagé historiquement avec Maserati sur certaines générations, comme la F430 et la California.

Quel est le moteur mythique de Ferrari ?

Le V12, né en 1947 avec le bloc Colombo de 1,5 litre, reste le moteur le plus associé à la marque. Sa descendance directe, la famille F140, équipe encore aujourd'hui 812 Superfast et Purosangue.

Quel Maserati a un moteur Ferrari ?

La Maserati GranTurismo et certaines générations liées à la 360 Modena/F430 embarquent un V8 apparenté à celui de Ferrari, avec un haut-moteur commun porté à 4,2 litres côté Maserati.

Le moteur Ferrari est-il fiable ?

La mécanique elle-même tient bien dans la durée. Le vrai poste de risque, c'est l'entretien de la distribution : mal suivie, elle coûte cher et peut endommager le bloc sur les moteurs à courroie plus anciens.