Mécanique · Ferrari
Ferrari chevaux : la puissance réelle de chaque modèle
De 490 ch sur une F430 à environ 1 200 ch sur la F80 : la puissance de chaque Ferrari, et l'écart avec les chevaux fiscaux français.
Par La rédaction
L'essentiel
- F430 (2005) : 490 ch avec un V8 seul, contre 812 Superfast (2017) : 789-800 ch avec un V12 seul.
- 296 Speciale (2025) : 880 ch, soit un V6 de 700 ch complété par 180 ch électriques.
- F80 (2026) : environ 1 200 ch, V6 900 ch plus 300 ch électriques, la Ferrari routière la plus puissante à ce jour.
Le cheval cabré désigne deux choses chez Ferrari : un emblème peint sur une carrosserie, et une unité qui a doublé en vingt ans sans que la cylindrée y soit pour grand-chose.
Poser la question "combien de chevaux fait une Ferrari" revient donc à répondre deux fois : une fois par modèle, une fois pour le portefeuille, parce que la puissance réelle et la puissance fiscale d'une Ferrari n'ont presque rien à voir.
Le match des chevaux dans la gamme Ferrari actuelle
La gamme Ferrari actuelle s'étend sur un rapport de puissance de 1 à 2,4 entre le modèle d'entrée et l'hypercar. Trois familles se dessinent dans le catalogue moteur de Maranello : les GT/berlinettes turbocompressées, les V12 atmosphériques, et les hypercars hybrides. Aucune ne joue selon les mêmes règles.
| Modèle | Motorisation | Puissance | Année |
|---|---|---|---|
| F430 | V8 4,3 L atmosphérique | 490 ch | 2005 |
| 458 Italia | V8 4,5 L atmosphérique | 570 ch | 2010 |
| 488 GTB | V8 3,9 L biturbo | 670 ch | 2015 |
| F8 Tributo | V8 3,9 L biturbo | 720 ch | 2019 |
| Purosangue | V12 6,5 L atmosphérique | 725 ch (715 hp) | 2023 |
| 812 Superfast | V12 6,5 L atmosphérique | 789-800 ch | 2017 |
| 296 GTB | V6 3,0 L hybride | 819 ch (700+180) | 2021 |
| 296 Speciale | V6 3,0 L hybride | 880 ch (700+180) | 2025 |
| SF90 Stradale | V8 4,0 L hybride | 986 ch (769+217) | 2019 |
| F80 | V6 3,0 L hybride | ≈1 200 ch (900+300) | 2026 |
Les GT et berlinettes V8/V6
La F8 Tributo développe 720 ch, soit 50 ch de plus que la 488 GTB qu'elle remplace, pour 50 kg de moins sur la balance. L'écart entre deux générations d'un même châssis se joue presque exclusivement sur ces deux leviers : puissance en hausse, poids en baisse. Rien de spectaculaire, tout dans l'exécution.
La 296 GTB change de logique. Premier V6 Ferrari depuis la Dino des années 1970, il atteint 819 ch grâce à un bloc électrique de 164-180 ch greffé entre le moteur thermique et la boîte double embrayage.
Le thermique seul plafonne autour de 663 ch : c'est l'appoint électrique qui fait basculer la voiture dans une autre catégorie.
Les V12
Le 812 Superfast reste, à cylindrée égale, l'archétype du V12 Ferrari sans assistance : 800 ch (789 hp) à 8 500 tr/min, aucun moteur électrique. La version Competizione grimpe à 819 ch, prouvant qu'il reste de la marge sur l'atmosphérique pur, mais une marge de plus en plus étroite.
Le Purosangue, premier SUV de la marque, reprend un V12 6,5 L pour 725 ch (715 hp). Même philosophie que le 812 : pas d'hybridation, la puissance vient uniquement du régime moteur et de la cylindrée.
Les hypercars hybrides
La LaFerrari (2013) cumulait 963 ch, dont 800 ch pour le V12 et seulement 163 ch (120 kW) pour le moteur électrique : l'appoint électrique pesait alors 17 % de la puissance totale.
La F80, sa remplaçante directe, inverse le rapport de force. Le V6 biturbo 3,0 L développe 900 ch à lui seul, soit une densité de 300 ch par litre, complété par un système hybride de 300 ch réparti sur trois moteurs électriques.
Total : environ 1 200 ch, et 25 % de la puissance vient désormais de l'électrique. C'est la Ferrari routière la plus puissante jamais produite par Maranello.
Quelle Ferrari a le plus de chevaux aujourd'hui ?
La F80 tient la couronne avec environ 1 200 ch cumulés, devant la SF90 Stradale (986 ch) et la 296 Speciale (880 ch). Aucun modèle en vente chez un concessionnaire ne s'en approche.
La Ferrari Luce, premier modèle 100 % électrique de la marque annoncé pour un lancement ultérieur, revendique plus de 1 100 ch sur le papier, mais elle n'entre pas dans la même catégorie : ce n'est pas une routière homologuée au sens où Maranello l'entend depuis 1947, c'est une berline électrique de 2,3 tonnes vendue autour de 500 000 euros.
Comparer les deux chiffres bruts sans le contexte du poids et de l'usage n'a pas grand sens.
Face à la concurrence, la hiérarchie tient à peu de chose. La Lamborghini Revuelto revendique 1 001 à 1 015 ch selon les marchés, davantage que la SF90 Stradale de Ferrari mais moins que sa propre F80.
Le match des chevaux entre marques italiennes se joue désormais au moteur électrique près, pas au litre de cylindrée.
Chevaux réels, chevaux fiscaux : l'écart qui change tout
Le chiffre de puissance affiché sur une fiche technique ne dit rien du coût administratif d'une Ferrari en France.
Les chevaux fiscaux (CV) et les chevaux réels (ch, DIN, ou hp) répondent à deux logiques distinctes : les premiers servent de base au calcul de la carte grise et de la taxe sur les véhicules, les seconds mesurent la puissance mécanique effective.
La puissance fiscale d'une F430 sur sa carte grise, pour 490 ch réels.
Le calcul français intègre la cylindrée et les émissions de CO2, pas directement le nombre de chevaux au frein. Résultat : une Ferrari peut afficher une puissance administrative proche de celle d'une citadine essence, tout en imposant un malus écologique et une prime d'assurance sans rapport avec ce chiffre fiscal.
Le piège du chiffre fiscal
C'est le piège classique du nouveau propriétaire : se rassurer sur un chiffre fiscal modeste, puis découvrir la facture réelle à l'immatriculation. Le chiffre qui compte pour le budget n'est jamais celui du dépliant commercial.
D'où vient la course aux chevaux ? Un peu d'histoire
La première voiture d'Enzo Ferrari, l'Auto Avio Costruzione 815 de 1940, développait 80 ch avec un 8-cylindres en ligne de 1,5 L. La 275 GTB de 1964 est montée à 260-300 ch selon les versions. La F40 de 1987, dernière voiture validée personnellement par Enzo Ferrari, plafonnait à 478 ch, sans aucune assistance électronique.
Une Ferrari Mondial T V8 3,4 L de 1993 ne développait que 300 ch, presque 40 % de moins que la 296 GTB actuelle à cylindrée comparable. En trente ans, la puissance d'un V8 Ferrari de milieu de gamme a quasiment triplé, sans que la taille du moteur n'ait suivi le même rythme.
La bascule décisive date de 2013 avec la LaFerrari et son moteur électrique d'appoint. Depuis, chaque nouveau modèle phare gagne en puissance moins par la cylindrée que par l'électrification.
La F80 en est la preuve la plus radicale : un V6 plus petit que celui de la 296, mais un total de puissance qu'aucun V12 Ferrari n'a jamais approché.
Questions fréquentes
Quelle est la puissance d'une Ferrari ?
Cela dépend entièrement du modèle : de 490 ch pour une F430 des années 2000 à environ 1 200 ch pour la F80 actuelle. Il n'existe pas de chiffre unique, la gamme couvre un rapport de puissance supérieur à 2.
Pourquoi une Ferrari a-t-elle si peu de chevaux fiscaux malgré sa puissance réelle ?
Le calcul des chevaux fiscaux français se base sur la cylindrée et les émissions de CO2, pas directement sur la puissance au frein. Une F430 de 490 ch réels n'affiche ainsi que 41 à 43 CV fiscaux, un chiffre trompeur pour qui compare sans connaître ce mode de calcul.
Combien de chevaux avait la première Ferrari ?
L'Auto Avio Costruzione 815 de 1940, première voiture construite par Enzo Ferrari avant même la naissance de la marque, développait 80 ch avec un 8-cylindres en ligne de 1,5 L.