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Ferrari moteur arrière : depuis quand, quels modèles
De la Dino 206 GT de 1967 à la 296 GTB, l'histoire et la liste complète des Ferrari à moteur central arrière.
Par La rédaction
L'essentiel
- 1961 : la 156 « Sharknose » impose le moteur arrière en Formule 1 chez Ferrari, six ans avant la route.
- 1967-1969 : les Dino 206 et 246 GT inaugurent l'architecture sur route, mais sans le badge Ferrari.
- 1973 : la 365 GT4 BB est le premier V12 réellement badgé Ferrari en position centrale arrière, une lignée que la 296 GTB hybride depuis 2021.
Chercher depuis quand Ferrari a mis le moteur à l'arrière revient à poser deux questions à la fois : celle de la course, réglée dès 1961, et celle de la route, beaucoup plus discutée qu'il n'y paraît.
La voiture qu'on cite systématiquement comme la première n'a d'ailleurs jamais porté le badge Ferrari au moment de sa sortie.
De quoi remettre en cause une évidence répétée sur la quasi-totalité des sites automobiles.
Moteur arrière ou moteur central arrière ? La nuance qui change tout
Ferrari n'a jamais construit de voiture à moteur arrière au sens strict, celui d'un bloc en porte-à-faux derrière l'essieu arrière, comme sur une Porsche 911 ou une Coccinelle Volkswagen.
Chez Maranello, le moteur se loge toujours entre les sièges et l'essieu arrière : c'est le moteur central arrière, une architecture différente qui répartit mieux les masses et améliore la tenue de route à haute vitesse.
La confusion entre les deux termes explique une bonne partie des questions qui circulent sur le sujet.
Le moteur arrière arrive d'abord en Formule 1, en 1961
La Formule 1 bascule avant la route. Dès 1959, la Cooper Climax à moteur arrière surprend tout le plateau et rafle deux titres consécutifs avec Jack Brabham.
Enzo Ferrari résiste, fidèle à sa conviction qu'une bonne voiture se doit d'avoir le moteur à l'avant, comparant les Cooper à une charrette qu'on pousserait au lieu de la tirer.
La pression de la piste finit par avoir raison de cette résistance. En 1961, la 156 F1, surnommée « Sharknose » pour son nez en forme de museau de requin, adopte un V6 en position arrière développant 190 ch, environ 20 ch de plus que la concurrence britannique.
Cet écart suffit à offrir à Ferrari son premier titre constructeur de Formule 1, malgré la disparition tragique de Wolfgang von Trips à Monza, la même année.
Sur la route, la Dino a-t-elle vraiment été la première Ferrari à moteur arrière ?
La réponse qui circule presque partout est la Dino 206 GT de 1967, puis la 246 GT qui la remplace dès 1969. Sur le papier, l'architecture correspond : moteur V6 en position centrale arrière, 152 exemplaires seulement pour la 206 GT, puis 3 761 pour la 246 GT devenue un best-seller pour l'époque.
Le problème, c'est le badge. Ces Dino n'ont jamais porté le cheval cabré au moment de leur commercialisation. Enzo Ferrari a délibérément créé la sous-marque Dino pour ne pas concurrencer, en interne, les Ferrari à moteur avant qu'il privilégiait encore.
Présenter la Dino comme « la première Ferrari à moteur arrière », ainsi que le font plusieurs sites automobiles, revient à réécrire l'histoire a posteriori. La vraie première voiture badgée Ferrari avec un moteur en position centrale arrière est la 365 GT4 BB, lancée en 1973 : un flat-12 de 4,4 L développant 380 ch pour une vitesse de pointe de 303 km/h, et le premier V12 Ferrari jamais installé dans cette configuration.
Des années 1970 aux années 1990, le règne du V8 et du V12 central
La 308 GTB de 1975 démocratise la formule du V8 central de 255 ch et devient le plus gros succès commercial de l'histoire de la marque à cette date, plus de 12 000 exemplaires vendus.
Le V12 central poursuit sa route en parallèle avec la 512 Boxer, puis la Testarossa en 1984, icône absolue des années 1980 avec son flat-12 de 390 ch. La F40 de 1987 et la F50 de 1995 referment cette période avec respectivement 478 ch et 513 ch, cette dernière sur un V12 atmosphérique de 4,7 L.
L'ère hybride, du V12 au V6
L'Enzo, lancée en 2002, développe 660 ch avec un V12 central de 6,0 L et abat le 0 à 100 km/h en 3,5 secondes. La LaFerrari de 2013 marque la bascule vers l'hybridation avec 963 ch cumulés.
Depuis, la logique s'inverse totalement : la 296 GTB, lancée en 2021, remplace le V12 par un V6 de 3,0 L hybride développant 830 ch au total, dont 663 ch pour le seul bloc thermique, un record de puissance spécifique pour une Ferrari de série avec 221 ch par litre.
Pourquoi Ferrari a arrêté le V12 en position centrale arrière
Selon plusieurs membres de la communauté FerrariChat, régulièrement citée sur le sujet, la disparition du V12 central après la Testarossa et la 512 TR tient moins à la technique qu'à l'économie et à la praticité.
Les coûts de recherche et de fabrication ont fortement augmenté dans les années 1990, alors que Ferrari ne produisait qu'un nombre restreint de voitures par an.
Une voiture à moteur avant offre par ailleurs un vrai coffre, un argument commercial que le V12 central ne peut pas défendre.
Ferrari n'a pas ouvert la voie du V12 central, elle l'a suivie.
La Lamborghini Miura, sortie plusieurs années avant la 365 GT4 BB, reste la première supercar routière à installer un V12 en position centrale arrière. Ferrari a rejoint ce terrain de jeu après son rival transalpin, avant d'y renoncer au profit de ses GT à moteur avant, puis d'y revenir aujourd'hui sous une forme entièrement hybridée.
La puissance d'une Ferrari à moteur central arrière aujourd'hui, contre 180 ch sur la Dino 206 GT de 1967.
Un facteur multiplicateur supérieur à 4,6 en moins de soixante ans, gagné pour l'essentiel sur les vingt dernières années grâce à l'électrification, pas à la seule cylindrée.
Le moteur avant n'a pourtant jamais disparu de la gamme : le 812 Superfast et le Purosangue conservent aujourd'hui un V12 placé devant l'habitacle.
Questions fréquentes
La Ferrari 458 a-t-elle un moteur arrière ?
Oui, mais en position centrale arrière, pas en porte-à-faux. La 458 Italia embarque un V8 4,5 L atmosphérique de 570 ch, dans la même lignée que la F430 et l'actuelle 296 GTB.
Quelle est la différence entre moteur arrière et moteur central arrière ?
Un moteur arrière se situe derrière l'essieu arrière, en porte-à-faux, comme sur une Porsche 911. Un moteur central arrière se loge devant cet essieu, entre les sièges et les roues arrière : c'est la configuration que Ferrari utilise sur toutes ses sportives depuis 1967.
Quelle Ferrari a un moteur avant ?
Les grandes GT et les V12 les plus récents, comme le 812 Superfast ou le Purosangue, conservent un moteur placé à l'avant du véhicule. C'est historiquement l'architecture privilégiée par Enzo Ferrari lui-même.