Mécanique · Maserati
Maserati moteur Ferrari : la vérité sur les blocs
Maserati moteur Ferrari : quels modèles ont un vrai bloc F136/F154, lequel roule sur un V6 Chrysler recalibré, fiabilité et coûts. Verdict tranché.
Par La rédaction
L'essentiel
- La GranTurismo, la Quattroporte V/VI et la Ghibli II essence roulent avec un vrai V8 Ferrari (F136 puis F154), assemblé à Maranello.
- Le V6 biturbo de la Ghibli III et du Levante est bâti sur un bloc Chrysler Pentastar, seules les culasses sont signées Ferrari.
- Une casse moteur sur Ghibli peut chiffrer 20 000 à 25 000 €, quasiment le prix d'achat de la voiture d'occasion.
Une Maserati avec un moteur Ferrari sous le capot, l'argument revient sans arrêt sur les annonces d'occasion, et je le comprends : ça fait rêver, ça justifie le prix, ça sonne comme un bon plan. Sauf que la réalité dépend entièrement du modèle et de l'année, et personne ne le précise jamais sur les fiches de vente. J'ai creusé les codes moteurs un par un pour savoir quelles Maserati embarquent vraiment un bloc signé Maranello, et lesquelles n'en portent que l'étiquette.
Verdict en une phrase
Oui pour le V8, non pour le V6 : la GranTurismo et la Quattroporte roulent avec un vrai moteur Ferrari, la Ghibli III et le Levante avec un bloc Chrysler recalibré par Ferrari.
Quel moteur Ferrari équipe réellement les Maserati ?
Deux familles de moteurs Ferrari ont motorisé Maserati depuis 2002 : le F136, un V8 atmosphérique, puis le F154, un V8 biturbo qui l'a remplacé à partir de 2013. Les deux sont dessinés, fabriqués et assemblés à l'usine Ferrari de Maranello, exactement comme les blocs qui équipent les Ferrari de la même génération.
Ce n'est pas un partenariat récent ou un coup marketing. Fiat, propriétaire des deux marques, a fait développer ces moteurs conjointement dès 2002 pour rationaliser les coûts entre Ferrari, Maserati et Alfa Romeo.
Fait peu connu : le F136 est apparu pour la première fois sur une Maserati (Coupé 4200, 2002), et seulement deux ans plus tard chez Ferrari (F430, 2004). La filiation qu'on imagine est en réalité inversée.
Les Maserati concernées par le V8 F136 : Coupé, GranSport, Quattroporte DuoSelect/Automatica, GranTurismo, GranCabrio. Le F154 biturbo équipe ensuite la Quattroporte VI (3,8 L biturbo) et certaines déclinaisons de la Ghibli. Toutes partagent la même base assemblée à Maranello, déclinée en puissance selon la version.
| Modèle Maserati | Moteur | Puissance | Années |
|---|---|---|---|
| Coupé / GranSport | F136 | 390 à 400 ch | 2002-2007 |
| Quattroporte V | F136 | 400 ch | 2004-2012 |
| GranTurismo / GranCabrio | F136 | 405 à 460 ch | 2007-2019 |
| Quattroporte VI | F154 | 350 à 580 ch | 2013-2023 |
| Ghibli II (essence) | F154 | 350 à 580 ch | 2013-2020 |
Le V6 de la Ghibli et du Levante est-il un moteur Ferrari ?
Non, pas complètement. Et c'est là que le storytelling commercial dérape le plus. Le V6 biturbo 3,0 litres qui motorise la Ghibli III, le Levante et une partie de la Quattroporte VI n'est pas un bloc Ferrari d'origine : c'est un bloc Chrysler Pentastar coulé et usiné aux États-Unis (Kokomo puis Trenton), sur lequel Ferrari vient greffer ses propres culasses et son calibrage.
L'ambiguïté entretenue
Sur les annonces d'occasion consultées, l'argument "moteur Ferrari" revient systématiquement sur les Ghibli à moins de 30 000 €, rarement assorti de la précision "V6 biturbo". Appeler ce bloc un moteur Ferrari est un raccourci, pas un mensonge frontal, mais l'acheteur qui paie une prime pense récupérer l'intégralité d'un bloc de Maranello.
Chrysler et Maserati appartiennent au même groupe (FCA), l'opération a surtout un intérêt industriel : mutualiser un bloc de série pour baisser les coûts, tout en gardant la signature Ferrari sur la partie haute du moteur. Ce V6 développe entre 330 ch en entrée de gamme et plus de 460 ch sur les versions Trofeo les plus poussées.
Moteur Ferrari sur Maserati : quelles différences avec un vrai bloc Ferrari ?
Le vilebrequin fait toute la différence entre une Ferrari et une Maserati équipées du même bloc F136 ou F154. Ferrari utilise un vilebrequin plat, qui monte plus vite en régime et donne cette sonorité aiguë typique. Maserati opte pour un vilebrequin en croix, plus coupleux à bas régime, qui produit ce grondement plus grave et plus "muscle car".
Autre nuance technique, plus discrète : la lubrification. Certains modèles (Coupé, F430) tournent en carter sec, d'autres (Quattroporte V, GranTurismo) en carter humide. Ce choix dépend de l'usage visé, circuit ou GT routière, pas de la marque en elle-même.
Deux voitures qui partagent officiellement le même moteur peuvent avoir un caractère radicalement différent au volant.
Ce moteur Ferrari est-il fiable sur une Maserati ?
Globalement oui, avec un entretien suivi. Les V8 F136 atmosphériques ont une réputation de fiabilité solide : pas de panne majeure attendue sur la durée si la révision est faite dans les temps. Le talon d'Achille se situe ailleurs : variateur de phase, boîte DuoSelect fragile sur les premières Quattroporte, électronique parfois capricieuse sur les capteurs de suspension.
Le coût moyen d'une réparation de variateur de phase sur GranTurismo, la panne la plus documentée du V8 F136.
Le vrai risque financier se loge sur les Ghibli III à V6 biturbo. Plusieurs propriétaires rapportent des casses moteur soudaines, avec des devis de 20 000 à 25 000 € pour une chute de pression d'huile, soit quasiment le prix d'achat de la voiture d'occasion elle-même. Côté budget d'entretien courant, comptez environ 8 000 € sur 10 ans pour une Ghibli bien suivie : c'est inférieur à une vraie Ferrari, mais largement au-dessus d'une berline premium allemande équivalente.
Questions fréquentes
Quelles Maserati ont un vrai moteur Ferrari ?
La GranTurismo, la GranCabrio, la Quattroporte V et VI, la Coupé/GranSport et la Ghibli II essence roulent avec un V8 F136 ou F154, tous deux conçus et assemblés à Maranello. Seule la Ghibli III/Levante à V6 biturbo échappe à cette filiation directe.
Combien coûte l'entretien d'une Maserati à moteur Ferrari ?
Comptez environ 8 000 € sur 10 ans pour un usage normal bien suivi. Les grosses réparations (variateur de phase, casse moteur sur V6) peuvent faire grimper la facture entre 7 200 € et 25 000 € selon la panne.
Peut-on acheter une Maserati à moteur Ferrari pas cher ?
Oui, certains exemplaires de Ghibli s'achètent aujourd'hui à moins de 30 000 €, soit le prix d'une citadine neuve. L'économie à l'achat se paie souvent cash au premier gros incident mécanique : vérifiez systématiquement le carnet d'entretien avant de signer.